Le régime méditerranéen pourrait-il retarder l’apparition de la maladie de Parkinson ?

huile d'olive

Photo par Kerim. Adobe Stock #235429006. Collection gratuite 

 

Avril 2026

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui affecte progressivement certaines zones du cerveau impliquées dans le contrôle des mouvements. Elle se manifeste notamment par des tremblements, une lenteur des gestes, une rigidité musculaire et des troubles de l'équilibre. Au-delà des symptômes moteurs, elle peut s'accompagner de troubles du sommeil, de la digestion, de l'humeur ou de l'odorat. Le nombre de personnes touchées ne cesse d’augmenter dans le monde, ce qui rend la recherche de stratégies de prévention particulièrement importante. 

Dans ce contexte, nous avons analysé si l'alimentation pouvait jouer un rôle sur le risque de développer la maladie de Parkinson dans la cohorte E3N-Générations. Nous nous sommes intéressés à deux régimes alimentaires déjà réputés bénéfiques pour la santé : le régime méditerranéen et le régime MIND. 

Le régime méditerranéen s’inspire des habitudes alimentaires traditionnelles des pays bordant la mer Méditerranée – la Grèce, l'Italie et l'Espagne. Ce régime est caractérisé par une forte consommation de légumes, de légumineuses (lentilles, haricots, pois chiches), de fruits, de céréales complètes, de poisson et d'huile d'olive. À l’inverse, la consommation de viande rouge, de produits laitiers et d’aliments très transformés est faible.

Le régime MIND, plus récent, a été conçu pour protéger la santé du cerveau. Il reprend le régime méditerranéen en mettant l’accent sur les aliments censés protéger le cerveau, souvent riches en antioxydants : les légumes verts à feuilles, les haricots, les baies rouges, les noix, le poisson et les céréales complètes. Outre les aliments consommés en faible quantité du régime méditerranéen, ce régime limite les pâtisseries et les aliments frits.

Méthodologie de l’étude

Pour mener cette étude, nous avons analysé les données de 71 542 femmes de la première génération de la cohorte. Leur alimentation a été évaluée en 1993 grâce à un questionnaire très détaillé portant sur plus de 200 aliments. Les participantes ont été suivies pendant 25 ans, jusqu’en 2018. Au cours de cette période, 845 femmes ont développé une maladie de Parkinson.

Pour étudier les liens entre l'alimentation et la maladie de Parkinson, un défi important est d’éviter le biais de « causalité inverse ». En effet, la maladie de Parkinson commence souvent à se développer plusieurs années avant qu’elle ne soit diagnostiquée et des symptômes précoces de la maladie, comme la constipation ou la dépression, peuvent modifier les habitudes alimentaires avant le diagnostic. Pour éviter que ces changements alimentaires - induits en réalité par la maladie - ne faussent les résultats, nous avons analysé l'alimentation des femmes telle qu'elle était au minimum cinq ans avant le diagnostic de la maladie de Parkinson, et, quand c’était possible, jusqu'à vingt ans avant. 

Résultats : un effet protecteur observé avant 71 ans

Lorsque les participantes sont considérées toutes ensemble, les résultats ne montrent pas d'association claire entre ces régimes alimentaires et le risque global de maladie de Parkinson. 

Une différence importante apparaît toutefois selon l'âge au diagnostic. Chez les femmes ayant développé la maladie le plus tôt, c’est-à-dire avant 71 ans qui représente l’âge médian au diagnostic, celles qui adhéraient le plus fortement au régime méditerranéen présentaient un risque inférieur de 23 % par rapport à celles qui le suivaient le moins. Un résultat similaire a été observé pour le régime MIND, avec une réduction du risque de 25 %. En revanche, ce lien protecteur n’a pas été observé chez les femmes diagnostiquées à 71 ans ou plus.

Cette découverte dépendante de l'âge est une conclusion importante de l'étude. Elle suggère que les habitudes alimentaires adoptées au milieu de la vie, entre 40 et 60 ans, pourraient jouer un rôle pour retarder l’apparition précoce de la maladie de Parkinson. Cela dit, l'effet protecteur ne semble pas s'étendre aux personnes diagnostiquées plus tard dans la vie (après 71 ans).

Quels aliments sont les plus bénéfiques ?

Nous avons examiné quels aliments semblaient le plus contribuer à cet effet protecteur. La cohérence des résultats obtenus est remarquable : les légumineuses (lentilles, haricots, pois chiches) sont les aliments les plus protecteurs dans les deux régimes. Les femmes consommant le plus de légumineuses avaient un risque réduit de 35 % de développer la maladie de Parkinson comparées à celles en consommant le moins.

De plus, un apport plus élevé en graisses insaturées (huile d’olive, noix, poisson) qu’en graisses saturées (beurre et viande rouge) était également protecteur : les plus grandes consommatrices de « bonnes graisses » avaient un risque diminué de 30 % par rapport à celles qui en consommaient le moins.

Conclusion

Cette recherche suggère qu'adopter durablement une alimentation de type méditerranéen ou MIND, riche en légumes, fruits, légumineuses, huile d'olive et poissons, pourrait contribuer à réduire le risque ou retarder l’apparition de la maladie de Parkinson chez les femmes. 

Même si d'autres études sont nécessaires pour confirmer ces résultats, notamment chez les hommes, ces régimes alimentaires sont susceptibles d'apporter des bénéfices bien au-delà de la seule prévention de la maladie de Parkinson, notamment sur la santé du cœur, du métabolisme et du cerveau.


Recommandations nutritionnelles basées sur cette étude

Mangez plus de légumineuses. Les haricots, lentilles et pois chiches devraient apparaître régulièrement dans notre alimentation – au moins plusieurs fois par semaine. 

Choisissez l'huile d'olive comme graisse principale. Remplacez le beurre et les autres graisses animales par de l'huile d'olive pour la cuisson et l'assaisonnement. 

Augmentez les légumes et les fruits. Les régimes méditerranéen et MIND mettent tous deux l'accent sur une abondance d’aliments végétaux. Visez la variété et la couleur – les légumes de différentes couleurs contiennent la plupart du temps des composés protecteurs différents.

Mangez du poisson régulièrement. Les acides gras oméga-3 du poisson sont censés soutenir la santé du cerveau et réduire l'inflammation. Pensez aux « petits poissons » comme les maquereaux et les sardines.

Choisissez les farines complètes et grains entiers plutôt que raffinés. Cela soutient la santé globale et aide à maintenir un taux de sucre sanguin stable. 


En savoir plus : 

Télécharger l’article scientifique publié dans la revue Annals of neurology (en anglais) : 

Hajji-Louati M, Correia E, Lee PC, Artaud F, Roze E, Mancini FR, Elbaz A. Adherence to the Mediterranean and Mediterranean-Dietary Approaches to Stop Hypertension Intervention for Neurodegenerative Delay (MIND) Diets and Parkinson's Disease Incidence in Women: Results from the Prospective E3N Cohort. 2026 Apr;99(4):1014-1029.